MA MUSIQUE AUJOURD’HUI
Depuis mes débuts, mes premiers concerts avec d’autres musiciens, j’ai toujours eu l’habitude de faire une introduction en piano solo, sur un standard ou sur une de mes compositions. Au fil du temps, j’ai remarqué que ces introductions devenaient de plus en plus longues, jusqu’à atteindre trente cinq minutes voire plus les derniers temps ( vous avouerez que c’est énorme )… Patrice Gelsi sur un piano à queue en concert pour le baptême de son 1er disque 'Ailleurs, ou la légende de Zabriska' avec sur scène, un groupe de 16 personnes comprenant musiciens, chanteuses et danseuses, avec notamment la chanteuse Réjane Perry et la danseuse-chanteuse Dominique Patriarche, ainsi que Noël Ekwabi à la basse. Il est bien difficile de s'occuper d'une si nombreuse troupe... Réjane Perry à gauche ( de son vrai nom Réjane Perrimond) qui enregistre en studio mon disque 'Ailleurs ou la légende de Zabriska' avec Dominique Patriarche ( à droite qui est également danseuse ). Réjane entreprit plus tard la carrière que l'on sait notamment dans les commédies musicales ' Starmania' et 'Roméo et Juliette'. Paul PIOLI: guitariste compositeur. Nous nous connaissons depuis que nous sommes nés, n'y voyez rien d'extraordinaire puisque nous sommes cousins. Nous avons commencé nos odyssées musicales ensemble : concerts...etc avec des gens comme Gérard DRAI, Denis SAPIN et Jean CHIARI ( nous n'avons pas les photos de ces trois derniers musiciens) . Il a participé à l'enregistrement du 1er disque 'Ailleurs'et à de multiples concerts que nous avons faits ensemble. IL suit sa route sans moi à présent et vient de sortir un disque avec la flûtiste Dominique BOUZON que je n'ai pas encore écouté, mais je vais m'y précipiter ( dans les bacs mi-février). Certains spectateurs et amateurs me disaient qu’ils sentaient de plus en plus de distance entre les musiciens avec qui je jouais et moi, comme s’il s’agissait de deux parties qui devenaient de plus en plus distinctes. Et puis aussi le fait de jouer toujours avec le même volume sonore. Cela, je ne pouvais plus le supporter. La musique, comme tout art de dialogue, est faite de différents moments de langage : douceur, colère, révolte, amour, passion, tristesse …etc. Et cela, je ne pouvais le réaliser avec une section rythmique qui martèle incessamment le même beat. Aussi pris-je peu à peu la décision de prendre mes responsabilités et de jouer en piano solo ( pas toujours d’ailleurs). En plus, à l’heure actuelle, j’ai rajouté toutes sortes de flûtes ( du monde !). Patrice Gelsi à la flûte chinoise - 2006 (photo et effet réalisés par Kévin Gelsi ) Pernelle et Kévin Gelsi ( Kévin, 15 ans à la flûte à encoche Kena ) ' Gelsi family' Les enfants jouent vraiment de la flûte, du piano et des percussions, ils ne font pas de la ' figuration' pour la photo ! Kévin Gelsi à la flûte traversière chinoise 'dizi', instrument qu'il commence à très bien maîtriser, comme la Kena d'ailleurs, qui est un instrument difficile, ou encore la Moceno Assortiment de flûtes à bec d'origine renaissance. Je suis le seul, à ma connaissance, à en jouer en jazz (avec mon fils Kévin ). 7 grandes familles : sopraninino, sopranino, soprano, alto, ténor, basse, contrebasse. Personnellement, je joue de la sopranino, de la soprano, de l'alto, de la ténor et de la basse. Mon fils Kévin joue aussi en plus de la contrebasse ( folie!!) (Flûtes traversières chinoises en bambou, bâties sur un mode pentatonique, disponibles dans toutes les tailles et dans tous les tons, d'où l'intérêt de les avoir toutes... ). Flûte de Pan andine ( Toyos ): celle-ci est la plus grande du monde. Plus le tube est long et gros, plus le son est grave. Je me régale. Personnellement, je n'ai pas joué de la flûte montrée ci-dessus mais j'aurais bien voulu! Bonjour la colonne d'air! Au début, pour jouer de ces flûtes comme des saxophones desquels je jouais précédemment, il me fallait l’aide de musiciens accompagnateurs ou d’un synthé séquenceur. Il ne m’était jamais venu à l’esprit de pouvoir jouer de ces flûtes ( par exemple Moceno, Kena, Tarka, flûtes traversières chinoises comme Dizis et Xiao, Shakuhachi, flûte à bec renaissance), seul avec mon piano en établissant des silences, un dialogue ou accompagné de la main gauche en jouant de la flûte de Pan de la main droite ( celle-ci ayant l’avantage de pouvoir se tenir d’une main). Et pourtant, j’y suis arrivé ! Cela m’est venu comme une grâce, et j’avoue être assez fier du résultat. Je pense que j’arrive à établir mon propre univers sonore, seul, en impliquant tous ces instruments ( plus les percus desquelles je joue aussi), et également en chantant, mais pas toujours. Pour la première fois, je m’aperçois que je n’ai plus besoin des autres pour créer mon propre « monde sonore », et cette sensation est fabuleuse. Mais je reste un pianiste de jazz, ne vous y trompez pas, et j’adore développer sur le piano des thèmes comme « Stella by starlight » et le « revisiter » genre Phinéas Newborn Junior, un de mes pianistes préférés (tous ces pianistes, Barry Harris … etc « descendent » de mon héros Bud Powell, ne vous inquiétez pas). Pour jouer le genre de musique que je réussis parfois à jouer, il faut tout simplement : - énormément de travail - énormément d’implication artistique - énormément de foi et d’amour - énormément d’inspiration - énormément d’énergie. Voyez que cela fait beaucoup d’ « énormément » et vous comprendrez que je suis « irrégulier », accompagnant les fluctuations de ce que j’ai nommé plus haut, surtout les deux dernières choses : inspiration et énergie. Je ne renie rien, j’aime toujours autant mes anciennes influences ( comme vous le verrez à la lecture de mes sites), mais je pense aussi commencer à trouver ma propre identité vocale – influences incas, aztèques, indiens d’Amérique du Nord, tibétaines, africaines, pygmées… etc. Par exemple, pour en revenir à un thème comme « Stella by starlight » ( mais il y en a beaucoup d’autres), je peux commencer à le jouer instrumentalement au piano, d’une manière très classique, les harmonies s’y prêtent, faire monter le « beat » en improvisant des chorus et des chorus d’affilée, avec des clins d’œil à mes Maîtres es piano ( Art Tatum, Bud Powell, Phinéas Newborn Junior, Mac Coy Tyner, j’en oublie), revenir à une atmosphère plus calme et soudain pour finir, me mettre à chanter le thème… Ce n’est qu’un exemple. Enfin, encore beaucoup de travail en perspective, et pour mes parties chantées, je vous avoue qu’une bonne section rythmique ne serait pas de trop… Cela fait beaucoup d’influences, peut être pour servir beaucoup de personnalité… La route est encore longue pour moi. La suite de ce chapitre à la rubrique : 'MA MUSIQUE ( suite )'

Dans ces introductions, mon style s’affirmait de plus en plus. Je ne me contentais pas de prendre un thème et d’improviser dessus sur un ou deux chorus par exemple… non ! J’y développais toute une littérature musicale autour d’un thème, avec introduction, développement en plusieurs parties, et conclusion parfaite ou plagale laissant pour la suite, la ponctuation nécessaire aux autres musiciens pour enchaîner…

Mais le temps passant, les concerts s’enchaînant, je remarquai que j’avais de plus en plus de mal à « recoller » à la section rythmique traditionnelle après les introductions marathons.
Son discours dans les années 90 : un découpage en langage 'Wes Montgomery-René Thomasiesque, Bud Powello-Charlie Parkerien et des incantations John Coltrano-Gelsiesques... ou Paul Piolesque tout simplement... Même éducation, même culture que moi, à la base ... Pour la technique de la guitare, le pouce !! only le pouce, mais la main entière pour les bossas et les ballades fleurissantes.
En plus de cela, le fait d’avoir à « expliquer » aux autres tel ou tel changement d’harmonies, de tonalité, etc… me faisait dépenser de plus en plus d’énergie, et ces mêmes musiciens ne ressentaient pas toujours ce que je voulais faire.

flûte Moceno ( Bolivie)
Flûtes chinoises Dizis
Shakuhachi (Japon) flûtes à encoche à la sonorité d'une chaleur fabuleuse. A mon avis, la flûte la plus difficile à jouer avec la Kena d'Amérique du Sud ci-dessous, mais quel son !
Pour ce qui est du chant, ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours chanté, et ce, depuis ma plus tendre enfance. J’adore particulièrement les ballades. Mais il faut avouer que, jusqu’à présent, je ne m’étais jamais risqué dans un même concert à jouer à fond du piano, et à chanter en même temps. Comme si je ne pouvais pas pratiquer ces deux choses avec la même intensité, comme s’il y avait une barrière, comme si le fait de bien faire l’un empêchait de bien faire l’autre… Je pense que là aussi, beaucoup de choses ont changé, et vont changer. La sonorité de ma voix a changé aussi, mon style… sans renier mes anciennes inspirations (Frank Sinatra, Tony Bennett, Sarah Vaughan, Eddie Jefferson ), j’ai un gros faible pour Léon Thomas, qui, pour moi, est un chanteur absolument monstrueux dont je m’inspire beaucoup.
Mes influences ? La musique classique, le jazz,
Merci d’avoir lu ce long commentaire.
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