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LA MUSIQUE CUBAINE : MACHITO MARIO BAUZA CHANO POZO ET DIZZY GILLESPIE
Chano Pozo ...La véritable explosion se produit le 25 décembre dans la salle de concert du Town Hal deNew York lorsque jouent les big bands de Stan Kenton et Dizzy Gillespie. Troi mois auparavant, le 29 septembre, Gillespie et Pozo, accompagnés du bongocero Lorenzo Salan, avaient présenté au public du Carnegie Hall. Mais ce soir-là, le jour de Noël, dans la salle du Town Hall, le grand orchestre de Dizzy Gillespie a fait de Chano sa vedette. Chano, qui avait déjà écrit une trentaine de compositions à Cuba, avait convaincu Gillespie d’en jouer plusieurs. En dépit des problèmes de communication, Chano ne parlant pas l’anglais ni Dizzy l’espagnol, le moment était venu pour Gillespie de tenter le tout pour le tout.
L’importance historique de Dizzy Gillespie est ici perceptible à deux niveaux. Tout d’abord, aidé par son prodigieux sens du rythme, avec l’aide et sous l’impulsion de Chano Pozo il intégra sur la scène new yorkaise les percussions afro-cubaines dans le bebop ; il amena ensuite cette musique, jusqu’alors confinés dans les clubs et les salles de Harlem, dans des salles de concerts du centre de Manhattan. Après lui, avec lui, et en dépit de quelques foyers de résistance, l’ensemble de la communauté nord-américaine du jazz embrassera les rythmes afro-cubains . Ensuite, et c’est peut être là le point le plus important, Dizzy participa au développement du bebop, une musique révolutionnaire qui influencera la majorité des musiciens de jazz d’Amérique latine. En effet, comme nous le verrons par la suite, de nombreux musiciens latino-américains, attirés par le bebop, intégreront des phrases de son vocabulaire dans leurs musiques traditionnelles semant ainsi les graines du Latin Jazz actuel. Mais Dizzy ne fut pas le seul créateur du bebop. Charlie Parker et Theolonious Monk en furent deux autres. Ce n’est que tardivement que l’on a reconnu l’importance pour le Latin jazz du plus africain et du plus cubain des pianistes américains de jazz. Si la plupart des compositions de ce rumbero du piano se prêtent à une interprétation sur une variété de rythmes afro-latins, c’est parce qu’elles ont conservé dans leur essence une étroite relation avec l’Afrique. Mais aussi, et surtout, parce que Monk est le pianiste de l’alternance qui dans une même composition joue certaines parties en clave, tandis que d’autres ne le sont pas . Ses phrases rythmiques collent parfaitement à la clave et rappellent en même temps les tambours africains. Intuitivement à l’aise dans les deux langages, et à l’instar de Chano Pozo, il constitue le pont musical idéal entre les descendant s des esclaves africains implantés aux Etats-Unis et ceux implantés en Amérique latine. On a beaucoup reproché Dizzy, homme d’affaires avisé, d’avoir escroqué Chano en s’arrogeant le droit de modifier certaines parties de Manteca et de figurer ainsi comme cocompositeur de l’œuvre. Qui plus est, la maison d’édition Consolidated Music Publisher Inc de New York, qui publiait les compositions de Dizzy, publia la partition de Mnateca en ne mentionnant que les noms de Gillespie et Fuller comme auteurs. Aucune trace de Chano Pozo ! Alors qu’à Dizzy rejoint Gil Fuller dans ses souvenirs : « Tous mes titres afro-cubains, sauf Cubana Be, ont été composés par Chano et moi. C’était les idées de Chano et j’y ajoutais toujours quelque chose. Mon vieux, il manquait toujours quelque chose ! Chano et moi, avions différentes versions du thème Tin Tin deo, la mienne avait des accords, celle de Chano c’était seulement rythme et mélodie. Il fredonnait ses idées qui ne servaient e fait que pour l’introduction que je développais et mettais en musique. Quand Chano est venu avec l’idée de Mantecac, ça a servi pour la première partie… les sons de tous les instruments. Il chantait la ligne de basse qui introduisait le thème. Il chantait les parties de saxophone, agitait les doigts de la main droite et frappait du pied sur le sol pour indiquer la dynamique du son des trompettes. J’écoutais pendant qu’il répétait les phrases et élevait la voix en crescendo mais il ne la menait nulle par. Je lui ai dit que le morceau avait besoin d’un pont. Je me suis assis au piano et j’ai composé le pont. Après l’avoir enregistré je n’ai plus vraiment fait attention à ce morceau. Aujourd’hui, partout où je joue, le public veut l’entendre. » Il est regrettable que Pozo ne soit pas là pour donner sa version des faits. A Cuba, Chano avait composé des thèmes comme Nague, Zarabanda, Arininara, Blen, Blen Blen, qui avaient été enregistrés aux Etats-Unis à son insu et pour lesquels il n’avait donc perçu aucun droit d’auteur. En face, à Le système de pillage était simple. Il y avait à
Chano Pozo et Miguelitto Valdès |
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