PREMIER JOUR DE TRAVAIL

L’ETUDE DU CHANT

 

PREMIER JOUR DE TRAVAIL

 

 

La voix est fondée sur le souffle comme une maison sur ses fondations : plus les fondations sont larges, solides, puissantes, plus l’édifice pourra s’élever haut.

 

Pendant les autre premières semaines, je vous demanderai de travailler votre respiration huit à douze minutes tous les jour. Soyez patients, je vous promets que ça en vaut la peine. Les exercices de respiration, non seulement vont vous permettre de développer votre voix, mais vont aussi agir sur vous, sur votre corps , sur votre personnalité.
Les grandes disciplines de l’Inde, du Tibet et de la Chine  nous montrent en effet que le contrôle du souffle, sa rythmisation méthodique, d’abord consciente puis inconsciente, jouent sur l’ensemble de l’être humain, apportant une plus grande détente et concentration personnelle, un renforcement de l’énergie vitale et un meilleur équilibre psycho-somatique.

Aujourd’hui, premier jour de travail, nous consacrerons l’ensemble de la séance à une prise de conscience respiratoire t à la mise en place des premiers exercices.

 

1)° Prise de conscience de votre fonctionnement respiratoire vocal.

 

Avant de commencer le travail respiratoire proprement dit, je vous propose trois petits tests qui vous permettront de mieux voir comment fonctionne votre respiration et de commencer à en prendre conscience corporellement. Vous avez besoin pour cela d’une glace suffisamment grande pour pouvoir vous y voir de la tête aux cuisses. J’utiliserai pour ces tests deux vers de Victor Hugo :

« La Mer ! Partout la mer ! Des flots, des flots encor.
L’oiseau fatigue en vain son inégal essor
. »

 

Vous commencez par répéter intérieurement trois ou quatre fois ces deux vers pour les savoir à peu près par cœur. Puis, vous vous mettez torse nu ou complètement nu, de façon à pouvoir voir dans votre glace tous les mouvements de votre corps y compris ceux de votre ventre.

Test un : vous dites le texte à voix haute, cinq ou six fois de suite,  avec votre voix de conversation courante, en respirant après chaque virgule. En même temps, vous observez soigneusement ce qui se passe dans votre corps.

 

Test deux : vous dites le texte, toujours à voix moyenne, mais cette fois vous enchaînez les deux vers d’une seule traite ( en articulant bien), vous respirez brièvement, redites les deux vers d’une seule traite, etc. Vous dites ainsi cinq à dix fois le groupe de deux vers en respirant le plus rapidement possible entre chaque groupe.

 

Test trois : vous dites seulement les mots : « des flots, des flots encor », mais vous les dites une première fois très doucement, une deuxième, un peu plus fort, etc., chaque fois un peu plus fort, en allant ainsi en dix ou quinze fois jusqu’au plus fort que vous pouvez.

Vous trouverez ci-après, des remarques sur les tests, e vous prie de ne les regarder qu’après avoir fait les trois tests, et noté soigneusement  ce qui advenait alors dans votre corps ( au niveau du ventre, de la cage thoracique, des épaules, du cou et du visage).

 

Remarques sur le test.

 

Le test un est un test de respiration lente, tranquille. Dans ce cas, chez la plupart des élèves, je ne vois aucun mouvement, ni du ventre ni du thorax, ce qui prouve qu’ils n’ont pas la voix véritablement fondée sur le souffle et l’activité du souffle.
Si la voix est fondée sur le souffle, cela va sa voir. Non par ne activité musculaire  désordonnée ni par une respiration thoracique, mais par une détente du ventre à l’inspiration et un léger resserrement abdominal pendant l’émission sonore.

 

Le test deux demande un souffle relativement long ( 5 à 7 secondes) et une inspiration relativement rapide.
En général, l’inspiration est brutale, volontaire, avec remontée du thorax, contraction des épaules et du cou, parfois même de la tête. L’expiration suit un chemin symétrique : les côtes,qui étaient ouvertes dans l’inspiration, se referment brutalement, avec chute du thorax, pendant les deux premiers mots « la mer » ; les vingt syllabes restantes sont alors dites avec un appui du souffle insuffisant et une voix détimbrée et maigre.
Avec de l’entraînement, vous arriverez  inspirer vite, dans une grande détente corporelle , par action de détente du ventre et du dos, le haut du thorax restant tout à fait libre. Et pendant l’émission sonore, vous apprendrez, ou plutôt votre corps apprendra à retenir la chute des côtes par l’action conjuguée des intercostaux et du diaphragme. Ainsi arriverez-vous à tenir votre souffle et à aller jusqu’au bout des phrases les plus longues.

 

Le test trois demande le même travail inspiratoire que le précédent. Mais à l’expiration, plus les sons doivent être forts, plus les côtes doivent résister, au point d’être pratiquement immobiles et peut être de s’élargir, légèrement dans les sons très forts et brefs. Le débutant, au contraire, laisse tomber ses côtes et du coup s’étrangle dans les sons forts car il cherche à mettre dans la gorge l’énergie qu’il devrait mettre dans la ceinture abdominale et le diaphragme.

 

 

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site