MA MUSIQUE AUJOURD'HUI

 

MA MUSIQUE AUJOURD'HUI ( suite)

 

 

Le mariage de la sophistication, de l’authenticité et du « Primal »

 

  

Patrice Gelsi en concert

 

 

           Les concertos pour piano et orchestre de Beethoven me rendent fou ( surtout le premier). L’ouverture de Don Juan de Mozart me met en état de transe transcendantale, la musique baroque de Telemann m’excite ( n’en déplaise à certains ), le Sacre du Printemps de Stravinski me met dans un étant dément, Eric Satie et ses Gymnopédies me font rêver… Art Tatum, Bud Powell, Bird, sont mes héros, ceux avec qui j’ai grandi depuis tout petit. Mac Coy Tyner m’a terriblement influencé… Donc, John Coltrane aussi. Le son de la flûte traversière me tue… Et que dire du Shakuhachi, des flûtes chinoises, de la flûte de Pan de Goerges Zamfir ou d’autres, de la Kena, de la Mocéño.

 

 

Patrice Gelsi jouant de la flûte traversière chinoise, le piano n'est pas loin...

 

La flûte magique… en solo… comme cela… « respirant » dans l’atmosphère … ou mariée à une paire de congas qui martèlent leurs désirs, leurs pulsations, leur entêtement. Poncho Sanchez sur les peaux, là … Caliente ! Le plan rythmique du piano cubain… monstrueux.

 

               Je pourrai tenir comme cela au piano pendant des heures, des mois, des années… Je suis au piano, je joue ce style « rythmic cubain ». Un accord ou deux, ou mille en boucle, et puis soudain j’ai envie de me mettre aux congas, et puis aux timbales : Tito Puente ! C’est la folie. Tito Peunte aux timbales et Poncho Sanchez aux congas, Patato Valdès aux bongos, et pourquoi pas Patrice Gelsi au piano… La folie je vous dis…

Et puis, voilà que je veux revenir à une ballade : « You go to my head » par exemple, et puis «  Over the rainbow ». Je suis Judy Garland en noir et blanc, tourbillonnant dans la maison qui s’envole aux quatre vents. Pays de rêves sur le chemin magique… over the rainbow !  «  Someday, over the rainbow, skies or blue… » merveilleux.

Je ressens le piano… ces touches noires et blanches m’inspirent. J’ai toujours connu cet instrument. Je l’ai toujours vu. Normal, ma mère en jouait.

Tiens, je continue avec ce merveilleux morceau de Billy Strayhorn « Chelsea Bridge » ? Non «  Lush life » je monte les deux mains à une octave d’intervalle pour faire « grandir » le piano, pour le faire parler, pour le faire crier, pour le faire lancer des hurlements et des « hurle-vents » de révolte. Je veux qu’il sonne comme dans un concerto magique. Je plaque des accords qui veulent refléter l’infini de l’Absolue Beauté. Je ne vous dis pas que j’y arrive. Mais j’essaie, je me bats, j’essaie de faire en sorte que le piano soit le plus majestueux possible, le plus universel. Qu’il ait un son de cathédrale gigantesque à la résonance monstrueuse…Je sais que j’ai un son reconnaissable entre tous les autres. Et cela m’emplit de fierté. Ce n’est pas juste de la virtuosité… Il y a le son. La Musique… C’est… comme une prière… un moment de recueillement mais aussi de puissance révoltée… Contre le non-amour, la non-vie, la connerie, la misère, la souffrances des animaux, des hommes et des enfants. La musique, pour moi, ce n’est pas juste des notes, c’est l’investissement total de celui qui joue, l’investissement de l’Humain…

 

Je me souviens de Bud Powell sur Tea for Two ou bien un autre morceau, j’essaie de frapper à sa manière… j’essaie d’articuler comme cela… difficile.  Bud Powell, c’est Bud Powell ; moi, c’est moi… Tiens ! “ Just one of those things”  interprété par Art Tatum. Aigu-grave… aigu-grave… et entre les deux : toute la beauté du monde. Art Tatum, Bud Powell, Bon sang ! Quelle folie. Depuis tout petit, j’essaie de jouer comme eux… Mais eux, c’est eux. Ils sont magiques.


Et puis Bird, les « éjaculations » de beauté et d’amour. Son génie… oh ! Bird ! Comme je t’aime. Monsieur Charlie « Bird » Parker, le géant parmi les géants…


Et puis « Once I loved » de Antonio Carlos Jobim par Mac Coy Tyner : Intro de fou, développement de fou, conclusion de fou, polytonalité.
Ca, je sais faire… Je l’ai dans la tête, je l’ai dans les doigts… enfin presque, je ne l’aurai jamais assez… Malgré tout le travail, tout l’amour, toute la volonté.

L’Amour, donner l’amour ! Le piano et l’amour, la musique et l’Amour Universel avec un « U ».
ceux qui n’ont pas compris que la musique était aussi cela, n’ont rien compris !

 

« Our creator has a master plan, Peace and happiness for ev’ry men » Léon Thomas.

Les pygmées, les chants tyroliens, les chants du monde, le Tibet, les dogues du même nom, le mystère des grandes forêts…

 

Dogue du Tibet

 

 

Le 'clan' des lynx

 

'Les mystères de la forêt...'

 

Léon Thomas, tu es mon frère. Et toi Pharoah…

Ca y est : on y est.
J’entame : « It’s not the pale moon” ou “bye bye blackbird”, je change d’accords entre ceux qui doivent retomber sur les temps, vite. Il faut que je fasse vite. Il faut que la mélodie suive. Oui. Vite. Dodécaphonisme !! Délire dodécaphonique ! Mais toujours calculé, toujours précis. Toujours penser à retomber sur le bon accord, la bonne harmonie. Vous croyez que c’est facile ? Essayez pour voir.  Vous n’êtes pas moi ! « Jeune présomptueux dites-vous ? » vous avez sûrement raison. Mais au moins, j’ai le mérite d’essayer, j’ai le mérite d’aimer cela. J’ai le mérite de l’authenticité et de l’amour.

 

Ca y est, j’ai « stabilisé » sur une harmonie, je la tiens jusqu’à l’ivresse obsessionnelle.
Ligne de basse, accord.
Et je chante… mais là, c’est métempsychose. Je reviens 100.000 ans en arrière ou 100.000 ans en avant. Yo ooh ! Tribu ! Transe ! La voix qui répand le cri primal des transes uniques, le voyage intérieur. Yo ooh ! Yo ooh ! Léon Thomas, mon frère ! Allez ! Yo ooh, Yo ooh !  Tous les deux. En noir et blanc, main dans la main, cœur dans le cœur, âme dans l’âme.

 

 

Patrice

 

 

 Voici une photo extraordinaire que je tenais à insérer ( merci à Eddie Saudrais, le fils de Charles Saudrais pour cette superbe photo):

Festival de Jazz à Nice : Jacky Samson ( contrebasse), Dizzy Gillespie ( trompette), James Moody ( saxophone ténor) et Charles Saudrais ( batterie). Je vous ai déjà parlé de Jacky Samson avec qui j'ai joué et de Diz avec qui j'ai joué également. Charles, je viens d'apprendre que tu ous as quitté en 1993 à l'âge de 55 ans ... Putain, pourquoi faut-il que tous les gens que j'aime disparaissent comme cela? Pourquoi? Décidément, cette planète n'est pas nécessairement faite pour les artistes. On se retrouve dans le Grand Concert Apothéose sur Ailleurs, Charles? ...  

 

Voilà. Tout cela c’est moi… Et beaucoup d’autres choses que j’oublie… J’en entends parmi vous qui doivent se dire : «  Comment ce type fait-il pour bien jouer à la fois du piano, des flûtes, des percussions ? Cela ne fait-il pas un peu beaucoup ? » Je leur répondrai que lorsqu’on ne dort que quatre ou cinq heures par jour, il reste beaucoup de temps pour s’intéresser à toutes ces choses… Mais le piano ( et les synthés) reste mon instrument principal, celui auquel je consacre le plus de temps.  Je leur dirai aussi que dans les écoles de piano de La Havane,  on est « obligé » d’apprendre à jouer des percus avant de jouer du piano. Et les pianistes de La Havane sont parmi les meilleurs du monde, dans n’importe quel genre de musique.

Je leur dirai enfin que le plus simple, c’est encore de m’écouter jouer… Ainsi, ils pourront se faire une idée plus précise… Il n’est pas du tout sûr que ma musique plaise à tout le monde, pourtant, j’ai tellement besoin d’Amour…

 

 Patrice Gelsi et son grand Ami Léon Thomas dont il parle dans ses textes personnels et dans son 2ème site.

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