JAZZ RIVES DERIVES

Jazz rives dérives

 

Par Bernard Lubat

( extrait du livre : Jazz en suite , Editions :  Garde du temps)

 

  

Le jazz selon Max Roach, Dizzy Gillespie et Charlie Parker

 

Entendu, vu, lu de Gascogne, le mot est étrange mambo, il ment beau. 1950 sur toutes les peaux des grosses caisses des batteries des batteurs des orchestres de bal de village de l’époque, il y avait peint en grand : JAZZ ; Le gonze jouait donc du jazz, de l’instrument jazz ! D’autres, plus érudits semble-t-il, jouaient de la trompette de l’accordéon du saxo du piano. Jazz terrestre extra venu d’ailleurs – reste l’étiquette, accolée, l’éthique étage pour le marchandage sans âge esclave. Jazz est-ce un peu moins que nègre que rien ? Bordeaux triangulait enclave suave, libérale avant l’âge. Orléans portait la bonne nouvelle, les champs cotons des colons chantaient les tambours, exodé le blues prenait la route, Kansas City limitait la casse Chicago fabriquait des caisses, New York terminal infidèle au port s’embarquait au large. Londres Bruxelles Berlin le plan Marshall tenait en son bec un fromage, les boîtes s’ouvraient de partout : le BLUE NOTE devenait parisien, le Club Saint Germain-des-Prés, le Caméléon, le Chat qui pêche, le Riverbop, le Living Room, le Jazz In, etc…
Ramdam parisien afro-franco-américain. Une explosion locale capitale l’improvisation à la porté de toutes les sources,  la guerre des styles, le conflit des générations en direct live sans filer, sans filet.
New, hot middle, be bop, hard bop free… Depuis bonjour les conséquences. Oral des pâquerettes, la jazzistique s’est irrésistiblement propagée car capillarité dans les musiques du monde entier.

Aujourd’hui, l’art de  l’improvisation musicale décolle de partout, destroye rue rale les barons de la constructivitisation, délibère les bérets flasques et les couillons de la jazzification. Le « truc » opère sa revanche de l’indien mort «  transcensandale ».La musique afro-américaine a révolutionné les solutionneurs de cloches, la musique écrite flippe dans sa crypte, le scatrap des tambours du bourg de bouche reste louche.
Quant à moi je suis jazzcogne d’ailleurs d’ici d’en, d’abord, ignorant ensuite, ouvert à ce que je ne sais pas faire, prêt sur le pré, tout entier de proximité – ce que je dois à ce qui s’appelle, s’accuse le jazz, c’est à l’ouïe que je le rends.
JAZZ : symbole de liberté ou d’esclavage ? de libération ou de fatalité ?

JAZZ : mot péjoratif inventé par des blancs, verts de peur, rouges de honte, tentant de contenir, nommer, étiqueter, récupérer des droits d’auteur sur la mise en liberté des esclaves noirs pour commencer, des droits douteurs sur les citoyens noirs pour continuer. Son sens accusateur désigne l’Amérique, ce qu’ARCHIE SHEPP appelle la musique afro-américaine ; plus tard depuis l’Europe, le mot prend une autre signification, il devient symbole de libérance, de libération, d’oralité retrouvée…

 

Ci-dessous : Bernard Lubat

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