CHARLES MINGUS

Mingus

 

Extrait du livre de Sue Mingus « Pour l' amour de Mingus » aux Editions du Layeur 2003

 

Prologue

 

Par un matin froid de janvier, avant les premières lueurs du jour, dans le village sacré de Rishikesh en Inde du Nord, je dispersai les cendres de Charlie Mingus dans le Gange ainsi qu’il me l’avait demandé, m’immergeant avec elles dans l’eau glacée du fleuve, conformément à la tradition hindou, certaine, avec lui, que l’air vif sous la chaîne sombre de l’Himalaya était propice à la vie spirituelle et à la réincarnation. Puis, je marchai  en grelottant et en ruisselant sur le sable, jusqu’à ma maison, pièce unique donnant sur le Gange, en songeant qu’un jour je clouerais au-dessus de l’entrée une petite pancarte portant son nom, ses dates de naissance et de mort, et le titre de l’un de ses thèmes : « Tonight at noon » (Ce soir à midi). C’était une expression de musicien évoquant les décalages de concerts, les heures de travail inversées, manière de reconnaître un renversement de l’ordre des choses. Peut-être, me disais-je, était-ce la nouvelle vie qu’il avait déjà imaginée.

Tandis que j’avançais sur la plage, me revinrent à l’esprit certains de ses propos sur Charlie Parker : « Tu sais, m’avait-il dit, j’étais en train de penser à la mort de Bird… » Nous étions alors assis ensemble dans le patio de notre dernier chez-nous au Mexique, nous réchauffant au soleil. « Quand Bird est mort, il y a eu un grand coup de tonnerre. C’a été une mort heureuse. Je l’ai bien vécue. Comme si tout était pour le mieux, comme si Bird était mort pour partir retrouver toute une bande de copains… » Il se mit à rire. « Probablement les boboppers ! »

« Tu sais, la musique de Bird était très intuitive, continua-t-il. Elle avait quelque chose de sacré. Je ne sais si cela venait du diable ou des anges, mais la musique elle-même était presque surhumaine. Un jour, je me souviens, je lui parlais de bouddhisme-il n’en ignorait rien-, et il me parlait de yoga, de Bouddha, quand tout à coup nous avons vu le patron du club lever la main. Bird m’a dit : Bon, c’est l’heure de jouer. Finissons notre discussion sur scène. »

Charles resta silencieux, tout à ses souvenirs.

« Voilà ce qu’il a dit, répéta-t-il. Il a dit : ‘Finissons la discussion sur scène.’ Tu vois, j’ai toujours su qu’il était aussi superstitieux au sujet de la musique que je pouvais l’être. » …

  Sue et Charles Mingus

 

( commentaires de patrice ) :Voici la sensibilité que peuvent avoir des musiciens comme Charlie Mingus ou d’autres de son acabit.
Ceci est la préface de  sa dernière compagne Sue Mingus, qui livre là, à mon sens, un beau moment de littérature… et en même temps, l’un des meilleurs témoignages sur la grandeur intérieur de ces hommes.

Sur Mingus, comme moi, comme d’autres , nous partageons la même envie, celle de vous faire connaître la musique authentique des gens de la Terre, celle qui transcende l’Homme et l’amène dans des sphères qu’il ne devrait jamais quitter pour continuer à se prétendre Homme. C’est ce que je pense… vous pouvez toujours ne pas être d’accord avec moi, mais je pense être dans le vrai, que ce soit dans ma musique, dans mes écrits, dans mes désirs, je parle de moi Patrice Gelsi, j’essaie toujours d’y mettre le plus d’authenticité possible et le plus de ce que j’appelle « la véracité instinctive ».

Je voudrais que vous soyez nombreux à lire ces histoires que je raconte et qui sont, en fait, une des plus grandes et belles réalités du XXè siècle.

Que je lise Sue Mingus, ou que je dialogue avec Zabriska, il s’agit toujours de la même authenticité, des mêmes désirs d’élévation de l’âme sans se forcer juste en écoutant, en regardant, en touchant la fourrure d’un grand chien, d’un petit ou d’un moyen, en écoutant ronronner jusqu’au-dedans de ma poitrine un de mes six généreux chats, couchés sur mon plexus.

Je continue, la lecture de cette magnifique préface de Sue Mingus qui nous change peut être un peu de la relative mytho-mégalomanie de Charles dans son livre « Moins qu’un chien ».

  Deux semaines plus tôt, par un après midi nuageux de janvier, cinquante-six cachalots s’étaient engagés dans les eaux côtières peu profondes de Baja, au nord-ouest du Mexique, s’étaient échoués tels un monstrueux raz-de-marée et avaient péri sur la plage. A plusieurs centaines de kilomètres plus à l’est, dans un petit village nommé Cuernavaca, mon mari, Charles Mingus, mourut le même après midi. Il avait cinquante-six ans. Le lendemain, Mingus et les cachalots étaient consumés par le feu : Mingus dans un crématorium de la banlieue de Mexico, les cachalots sur des bûchers funéraires le long  de la côte.

Mingus aurait apprécié la coïncidence. Après tout, il était homme de présages et sans aucun doute capable de se souvenir d’un mystérieux coup de tonnerre dans un ciel sans nuage le jour où Charlie Parker rendit l’âme. Il avait assez souvent raconté cette histoire : comment, par cet après midi du 12 mais 1955 il remontait la Cinquième Avenue en transportant sa basse pour une séance d’enregistrement à l’instant où Bird mourut : comment il avait levé le regard vers le soleil étincelant et avait entendu les cieux gronder. Et même si, plus tard, il dit un jour qu’il avait peut être entendu ce tonnerre dans sa tête, ça n’avait pas grande importance. IL savait que Bird s’était envolé dans un coup de tonnerre, comme je savais que Mingus était parti avec les cachalots…

 

Bird's band

( commentaires de Patrice) : Voilà, voilà le genre d’homme qu’était Charles Mingus, le genre d’homme qui n’a jamais voulu faire de concessions à aucune mode, à aucun esprit mercantile. Tels furent aussi ses pairs le gigantesque Charlie « Bird » Parker, l’ineffable poète Bud Powell . Ces gens sont mes héros, car en plus d’être d’immenses musiciens, ce sont des « écorchés vifs », des gens qui ne supportaient pas l’injustice, la bêtise humaine, la non-culture, la non-vie.

Ces personnes n’étaient pas uniquement des musiciens, c’étaient des gens qui s’intéressaient à la littérature, à la poésie, à la philosophie, aux religions…Ces gens étaient ouverts sur l’humain et leurs mains ont voulu porter, à travers leurs instruments, le message poético-cosmique de l’Absolu.

C’est pour cela que je les aime tant, que je trouve qu’ils me ressemblent même si cela peut vous paraître prétentieux de ma part, mais c’est comme cela.

Bientôt, des légions se lèveront, ne me demandez pas d’où elles viendront, mais ces légions seront commandées par des généraux qui porteront peut être le  nom de Charles Mingus, de Charlie Parker, de Rudolph Bud Powell, de John Coltrane, et peut être commanderont-ils des hordes de guerriers fabuleux qui transperceront les poitrines de ces démons, ces ogres qui veulent faire, de notre Terre, une grosse rotondité merdique et bien dégoulinante.

Je vais maintenant redonner la parole à Sue Mingus, et vous écrire ici, sans plus de commentaire, son chapitre 11.

 

«  La dualité du monde matériel est ressentie en termes de chaud et de froid, de malheur et de bonheur… Celui qui se libère de cette dualité atteint la pleine connaissance transcendantale ». ( Bhagavadgita)

 

Tôt le matin avant que le soleil ne se levât sur l’Himalaya, quand l’air était encore glacé de la nuit, à l’heure où vieillards et jeunes garçons traversaient les étendues de sable sous ma fenêtre pour aller se baigner nus dans les eaux vertes et glaciales, je décidai qu’il était temps de disperser les cendres de Charles. En bas, les hommes ôtaient le fin tissu fané qui enveloppait leur corps, détachaient leurs turbans. Ne gardant que leurs bande-culottes, ignorant climat et froid, ils éclaboussaient la peau d’eau sacrée, ou s’immergeaient dans les profonduers. C’était une heure sacrée et ici, dans ce petit village, en aval de l’agitation de Hardwar, sâdhus et brahmanes, saints et swamis, se préparaient pour la journée.

Je quittai mon balcon et traversai la cour jusqu’au temple principal. A l’ entrée, je retirai mes sandales en bois et attendis que le swami me fit signe d’entrer. Il était assis par-terre avec ses assistants, supervisant l’emballage de grain dans de petits triangles de papier qui devaient être distribués aux pauvres. Le swami portait un châle sur les épaules et des chaussettes. IL me salua, mains jointes, et je m’assis face à lui. Avec l’aide d’un traducteur, je lui expliquai que j’étais prête pour la cérémonie.

Comme lui, j’étais consciente que je ne me débarrassais pas de mon autre vie sans fusionner avec ce pays où je n’étais qu’une visiteuse. Je ne me rapprocherais pas davantage du ciel et de l’air sacré que je ne l’avais fait en ces quelques jours. Et même si je redoutais les exigences idiotes de la vie profane en plein Manhattan et le désagréable passage à une nouvelle vie sans Charles que j’imaginais à peine, je fis savoir au swami que j’étais prête pour la cérémonie, prête à aller de l’avant. Il demanda à un jeune brahmane de m’accompagner au fleuve.

Nous descendîmes le long escalier et nous nous retrouvâmes sur la rive glacée : ce n’était pas encore l’aube. J’avais posé le panier d’osier coloré contenant les cendres de Charles sur le sol, à côté des guirlandes de soucis et de roses et de la noix de coco destinée à mon offrande de lait à ma Mère Gange. Le brahmane me tendit un morceau d’encens incandescent et me fit signe de tracer un cercle de vie dans l’air pendant qu’il entonnait une prière de passage de cette vie à la suivante. Puis, il porta une conque à ses lèvres, joua une longue note stridente, et me fit signe de m’approcher de la rive. J’entrai dans le Gange, lâchai mes offrandes de vie et de mort –fleur et fruit, cendre et os- et m’immergeai dans l’eau en une ultime étreinte, tandis que les cendres de Charles tourbillonnaient autour de moi.

Pendant que les cendres dérivaient, poursuivant leur voyage, je restai debout sous le ciel froid. Je me souvins des longs mois passés au Mexique, de ces rites de passage interminables, des mystères, de la ténacité de notre foi. Même si tout cela n’était que duperie  Pachita et ses bigoudis roses avant d’officier, le sans inodore de l’iguane ou, en Inde, le swami qui dans le matin froid, portait des chaussettes de coton-, je savais que la seule chose qui comptait vraiment, c’était le rugissement du vent le long des vitres de la voiture tandis que vous tanguions tous, infirmiers, femmes et enfants, en compagnie d’un fauteuil roulant, fonçant dans les montagnes mexicaines, mus par l’urgente quête de paix de Charles ou, quand celui-ci était impossible, le besoin de faire au moins un dîner de plus. IL était mort aussi voluptueusement qu’il avait vécu, réinventant les journées au  fur et à mesure qu’elles s’écoulaient, nourri dans les plus somptueux restaurants du pays.
Je remontait et me tins sur la rive, grelottante de froid, le vêtement de cérémonie humide collant à ma peau. Au loin,  j’aperçus un troupeau de chevaux en, liberté qui courait le long de la plage. Pendant que le soleil se levait derrière la masse sombre de l’Himalaya qui bouchait la moitié de l’horizon, des carpes orange scintillaient sous la surface de l’eau. Dans un fragile tintement de tous ces mois venaient de toucher leur terme.
Je continuais sur la plage. Charles avait mis un an à mourir. Peut être ne me restait-il plus aucune peur. Je m’étais réveillée en paix ce matin, comme jamais depuis le jour où ils m’avaient annoncé que Charles allait mourir. J’étais libérée, je n’avais plus d’entraves désormais, j’avais droit à un bref moment d’éternité hindou. Je marchai le long de la rive étincelante, le pas léger, aussi lumineux  et immatériel que le soleil à mes pieds…

 Mingus

 

EPILOGUE : la discussion continue…

 

[…]

Parfois la présence de Charles se manifeste au travers de rappels mystiques. Une corde de basse se casse net au début d’un concert. Les sens affûtés d’un tromboniste captent dans la musique des vibrations qu’il sait venir d’ailleurs… Un soir, tard, j’étais en train de travailler sur un recueil de compositions de Mingus pour publication. J’étais installée à la table de la salle de séjour de l’appartement de Manhattan où j’habite toujours, entourée des partitions d’une composition intitulée « Reincarnation of a love Bird », quand une plume vint se poser sur la musique que j’examinais. Je la chassai d’un revers de la main et regardai ma montre : il était 3 heures du matin. Je continuai à travailler, mais je pensais à la plume. Etrange , qu’elle fût tombée à cette heure-là. A n’importe quelle heure d’ailleurs. Je me souvins d’un poème de Charles, intitulé « une plume tombe », inspiré par une plume qu’il avait vu voler dans l’air pendant une répétition à Carnegie Hall, juste avant un concert en hommage à Charlie « Bird » Parker. Ce qui l’avait conduit à écrire un thème « Reincarnation of A love Bird » sur lequel je travaillais, précisément, à ce moment-là.
Je décidai de chercher la plume sur le sol. Peut être l’avais-je imaginée. C’est alors qu’un claquement résonna au-dessus de ma tête, quelque chose heurta la cage à oiseau vide en fer forgé près de la fenêtre. Un petit oiseau noir volait dans tous les sens dans la pièce. Il se posa sur la table et me fixa effrontément, à quelques centimètres de moi. Ses pattes étaient carrément posées sur la partition de « Reincarnation of A love Bird ».

Quand je passai dans la cuisine verser de l’eau dans un bol, l’oiseau me suivit. Quand il se posa sur le comptoir à côté de moi, je compris que j’allais changer ma vie pour lui, poser des grillages, rendre toutes les issues infranchissables pour les oiseaux. Sur le champ, je fermai la porte donnant sur la véranda,  par laquelle il était entré de toute évidence, et allai me coucher.

Pendant que je lisais, l’oiseau s’aplatit pour s’infiltrer par une fente au bas de la porte de la chambre, examina la pièce vola jusqu’aux rayons de livres, près de la fenêtre légèrement entrouverte, et s’endormit. Le lendemain matin, mon petit ami était mort, peut-être d’un refroidissement. Je l’enterrai dans le pot d’une plante, entre la basse de Charles et le piano. […]

 

'Mingus Orchestra'

 

En tournée, j’ai beaucoup appris sur la musique et davantage encore sur ceux qui l’interprètent. J’ai pu voir le dévouement, la complexité, les mauvais coups, l’intransigeance qui vont de pair avec les concerts. N’importe quel musicien vous dira que la musique de Mingus exige des compétences multiples. Un batteur la compara une foi à un cirque à trois pistes. Il aurait dû dire quatre. Il faut savoir lire comme un musicien classique, improviser comme un musicien de jazz, bien jouer en ensemble, et, par-dessus tout ça, avoir de la personnalité. J’ai pu voir aussi comment un comportement qui, dans un contexte donné, pose problème peut, dans un autre contexte, déclencher la magie explosive et l’exultation qui donnent à un concert une vie magnifique et met le public à ses pieds. C’est dans de telles contradictions que la musique grandit et se développe.

Je me souviens d’un concert à Aarhus, au Danemark. Deux musiciens se disputèrent bruyamment dans les coulisses quelques instants seulement avant ce qui fut l’un de leurs plus beaux concerts. Un chroniqueur qui était dans l’assistance entendit le vacarme derrière les rideaux et pensa que l’on utilisait un enregistrement de Mingus pour plonger les musiciens dans une frénésie créative avant le concert. Il l’écrivit, avec admiration, dans son compte rendu du lendemain.

 

En 1995, je créai une compagnie de disques baptisée Revenge records. Son but était de reprendre aux pirates des enregistrements de Mingus sortis illégalement un peu partout dans le monde et de les publier sur notre propre label ; de payer les sidemen qui n’avaient jamais été indemnisés ; et, surtout, de damer le pion aux pirates en vendant moins cher qu’eux sur le marché. Des années durant, avant que je ne lance Revenge Records – moyen plus efficace d’affronter les pirates et les magasins qui, souvent involontairement, les soutiennent- j’avais pour habitude ‘entrer dans les magasins et de reprendre la musique de mingus. Je repartais avec une douzaine d’enregistrements illégaux sous le bras, sans être arrêtée. Jusqu’au jour où, à Paris, je fus prise la main dans le sac. Les vigiles du magasin attendirent que j’aie passé les portes donnant sur les Champs Elysées, puis m’encerclèrent dans la rue. Brandissant leurs talkies-walkies, ils me firent montrer de face dans les étages, jusqu’au bureau du directeur, planté debout et furieux à côté de sa table, téléphone à la main, menaçant d’appeler la police.
Je l’encourageai à le faire. Je lui suggérai de contacter les journaux télévisés et les radios, ainsi que les bureaux du principal magazine de jazz français, qui se trouvaient être de l’autre côté de la rue ( très certainement Jazz Magazine , NdT), afin que je puisse leur expliquer à tous en même temps pourquoi je retirais des produits illégaux de son magasin . Le directeur reposa le combiné. Nous eûmes une longue conversation sur le piratage des disques, de deux points de vue opposés. Au bout d’un moment, je fus autorisée à quitter le magasin avec mes CD volés, que j’avais refusé de rendre. Je savais que mon succès était limité, que ces bacs vides seraient remplis le lendemain. Mais tandis que je marchais vers mon hôtel, l’idée de Revenge Records me vint à l’esprit.

 

Je me souviens de l’époque où les intervieweurs demandaient régulièrement à Charles, en dépit de l’importance de son héritage, comment il pouvait entrer dans des catégories aussi traditionnelles que les formes classiques européennes, le bebop, le dixieland, le gospel, les rythmes latins, le blues - genres dont il s’inspirait pour ses compositions, puis qu’il transcendait. Il levait les yeux et soupirait : « Et pourquoi n’appelez-vous pas ça, tout simplement, la musique de Mingus ? ». Plus de vingt ans plus tard, je pense qu’il serait content – même s’il n’en serait pas du tout surpris – de savoir que nous pouvons désormais le faire.

Le bruit et parfois la fureur de Mingus se sont emparés de moi : j’engage et je vire des musiciens, je publie et je produis de la musique, je déboule parfois sur la scène. C’est un rôle que j’eus autrefois à peine imaginé. Ces exigences semblent germer au cœur même de la musique, et les musiciens les découvrent en réaction aux piques et aux incitations qu’elle contient, exigences d’expression personnelle qui se perpétuent dans ses notes. « Joue ce que tu es ! » hurlait souvent Mingus aux musiciens et au monde.
La discussion continue. 

 

(FIN)

Extraits du livre de Sue Mingus ( dernière épouse de Charles Mingus ) ' Pour l'amour de Mingus' aux Editions du Layeur 2003.

 

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