APOTHEOSE OU LE CONCERT DE TOUS LES TEMPS ET DE TOUS LES ESPACES

APOTHEOSE

Ou le Concert de tous les temps et de tous les espaces

 

 

PREFACE


Ici, Patrice Gelsi se livre à un exercice de style, mélangeant l’imaginaire du monde d’Ailleurs, et la réalité d’artistes qui ont existé. C’est donc le prétexte pour indiquer aux élèves de musique, tous les noms phares qui ont marqué l’Histoire de celle-ci, c’est ce que nous entendons par textes didactiques. ( Nous en avons oublié des tas et nous nous en excusons). Tous les artistes cités ici ont existé ou existent encore. Il s’avère très important de le dire. Quant aux habitants du monde d’Ailleurs, libre à vous de les inclure ou non dans votre imaginaire. Il est à noter que cette apothéose vient à la suite de « La Forêt Blanche, I, II et III »

        Dominique Guenin

 

Ce texte est dédié à tous les musiciens, tous les artistes et tous les habitants de cette Terre qui sont emplis d’amour… Prions pour que cette planète subsiste et nous serve encore longtemps d’abri. Rendons grâce aux paysages magnifiques et aux animaux qui la peuplent.  Que cette  planète ( La Terre) demeure toujours la Planète Bleue et faisons en sorte que tous les habitants vivent en paix.
Dans ce texte, il y a des personnages ( je parle des vrais), de toutes sortes, et appartenant à des disciplines différentes : musiciens, compositeurs, poètes, écrivains, peintres, savants, mais aussi sportifs ou autre. Nous le avons cités en tout respect et nous les remercions du fond du cœur d’avoir existé !!  Merci

 

Patrice Gelsi

 

( Copyright, tous droits réservés. Déclaration SACEM, tous textes déclarés et protégés)

 

 

 

 

APOTHEOSE

Ou le Concert de tous les temps et de tous les espaces

 

 

Vous voyez comme tout ceci est beau….
Mais entendez-vous.  Je veux dire :

Entendez-vous la beauté des sons ?

L’autre jour,

Lors de mes nombreux voyages

Sur la planète « Ailleurs »

J’étais accompagné par une Princesse de la Forêt dont je ne vous donnerai pas le nom, ce n’est pas le sujet ici, mais je peux vous assurer qu’il ne s’agissait ni de Zabriska ni de Kâllia.
Je suis tombé, au détour d’un arbre

Sur Art Tatum et Franz Liszt.

Ils marchaient tranquillement comme cela

En parlant de choses et d’autres.

Lorsqu’ils ont vu la Princesse des bois

Ils l’ont salué avec une extrême galanterie,

Et celle-ci a fait les présentations…
Nous nous sommes serrés la main,

Fort amicalement d’ailleurs,

Avons échangé quelques mots de politesse,

Et ils ont continué leur chemin,

Comme cela, sans plus s’intéresser à moi.
Inutile de vous décrire ma déception !

 

Soudain, Art Tatum s’est retourné vers moi,

Et a dit, en me montrant du doigt :

« Tu as beaucoup de choses à entreprendre sur Terre mon vieux, vas-y, le temps passe vite, tu sais ».

 

Liszt, juste derrière lui,

Hochait la tête en signe d’approbation et repris :

« Oui, le temps passe vite, si vite… »

 

Et ils sont repartis « aussi sec »

J’étais interloqué !!

Je continuai ma promenade avec la Princesse en question…
Bon d’accord, je vais vous dire son nom,

Mais celui-ci est imprononçable en langage d’Ailleurs,

Nous n’avons pas encore une traduction française exacte .
C’est : Ptchytchtchtchtchûptch !

Comment voulez-vous prononcer un nom pareil !

Enfin bref, appelons-la Luminâ pour le moment.

 

Et j’ai soudain vu Balzac.

Sans transition, il me dit :

« Vous ne travaillez pas assez, Monsieur, non, pas assez. Le travail, le travail, il n’y a que cela pour entreprendre une œuvre ! »

 

Je suis resté bouche bée.

Derrière lui, ont surgi tout à coup

Ronsard, Fénelon et Voltaire

Qui, faisant écho au propos de Balzac :

 «  Pas assez de travail, Monsieur, pas assez de travail… »

 

Bon, j’ai continué mon chemin.

Que pouvais-je dire ?

Nous nous sommes enfoncés plus profondément dans les bois

Luminâ et moi.
Elle essayait de calmer mon émotion et mon dépit en me regardant de ses yeux incroyablement beaux.

Nous avons marché, au même rythme.
Quelle tranquillité.

Mais cela n’a pas duré autant que cela.
Soudain une voix :

 

«  Vous ne faites pas assez chanter les mots, Monsieur, je vous l’assure.

Au risque de vous paraître rétrograde, faites danser un plus vos alexandrins… et faites-les rimer pour de vrai !Je suis ouvert à tout, n’allez pas croire que je me cantonne à mon époque, je sais évoluer moi Monsieur, mais douze pieds, ce ne sont pas treize pieds, n’est-ce pas ? »

C’était Corneille !

 «  Certes oui Monsieur » lui répondis-je.

 

La situation dut paraître cocasse à Luminâ, car elle se mit à rire, découvrant ses dents d’une blancheur et d’une régularité « démentes »

Je ne dis rien, je continuais notre excursion dans la Foret de Zaldar, mais je commençais à être furieux.
Près d’un lac, apparut Alphonse de Lamartine :

 «  Monsieur, ne vous laissez pas envahir par la colère… Celle-ci n’apporte rien… Non, contemplez, Monsieur, contemplez. Calmez-vous et réfugiez-

vous dans la contemplation !… »

 

Je continuai mon chemin en tenant la main de Luminâ.

Un peu plus loin, si je vous dis que je suis tombé sur Duke Ellington, Maurice Ravel, Ludwig Van Beethoven et Igor Stravinski, dirigeant tous les quatre un Grand Orchestre, vous n’allez pas me croire, et je vais définitivement passer à vos yeux pour un fou furieux.

 

 Ludwig Van Beethoven

 

 Igor Stravinski

 

 Maurice Ravel

 

 Duke Ellington

 

 

IL y avait, dans ce Big band improvisé :

Aux pianos : Samson François, Bud Powell évidemment,Vladimir Horowitz, Arthur Rubinstein, Frédéric Chopin, Johannes Brahms, Jean Sébastien Bach, Claude Debussy, Gilbert Bécaud ( si, si je vous assure), William « Count » Basie, Billy Strayhorn, Phinéas Newborn Junior, Winton Kelly, Dave Brubeck, Al Haig, Mac Coy Tyner, Ferdinand Lamenthe dit « Jelly Roll Morton » avec écrit sur un curieux chapeau qu’il portait : « inventeur du jazz », Teddy Wilson, Lennie Tristano, Horace Silver, Erroll Garner, Dodo Mamarosa, Oscar Péterson, Georges Gerswhin, Nat King Cole, Lou Lévy, James P. Johnson Earl Hines «  dit Fatha », Alexandre Scriabine, Claude Debussy, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Red Garland, Bill Evans, Gil Evans, Wynton Kelly, Barry Harris, Tommy Flanagan, Hector Berlioz, Franz Schubert, Thomas Fats Waller, Eubie Blake, Richie Powell ( frère de Bud), Willy Smith « the lion », Jimmy Blythe, Meade Lux Lewis, Pete Johnson, Sammy Price, Albert Hammon, Pine Top Smith, Donald Lambert, Scott Joplin, Joseph Lambe

 

Au contrebasses : Jimmy Blanton, Oscar Pettiford, Ray Brown, Red Callender, Slam Stewart, Paul Chambers à l’archet avec Pablo Casals doublant au violoncelle et à la contrebasse à l’archer, Tommy Potter

 

Aux batteries et percussions : Kenny Clarke ( comment pourrait-il en être autrement ), Art Blakey, Max Roach, Jo Jones, Gene Krupa, Chick Webb, Philly JO Jones, Tito Puente ( percussions), Chano Pozo ( Dizzy Gillespie doublant à la trompette et aux percus comme d’habitude ), Cozy Cole, Shelly Manne, Jimmy Cobb, Sam Woodyard, Sonny Greer, Rufus «  Speedy » Jones, Sonny Payne, Buddy Rich,

Lionel Hampton était au vibraphone.

 

Au chant : Les chœurs sont dirigés par Giuseppe Verdi :

Chœurs femmes : Maria Callas, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, 3 Princesses de la Forêt que je n’avais jamais vu  de ma vie, Lili Pons, Edith Piaf, barbara et Judy Garland, Billie Holiday, Bessy Smith, Régine Crespin, Anita O’Day, Annie Ross...

Choeurs hommes : Jo Williams, Eddie Jefferson, Frank Sinatra,  

Jon Hendricks, John Lambert,.. ;

 

Section des saxophones et anches diverses :John Coltrane, Charlie Parker ( en douteriez-vous ?), Lester Young, Paul Gonsalves, Cannonball Adderley, Colemen Hawkins, Eric Dolphy, Jimmy Forrest, Don Byas, Zoot Sims, Al Cohn, Lee Konitz, Eddie “Lockjaw”Davis, Buddy De Franco ( clarinette ), Sonny Stitt, Charlie Rouse, Charlie Ventura, Hank Mobley, Bud Freeman, “Chu”Berry, Bud Johnson, Harry Carney ( bariton), Johny Hodges, Russell Procop, Jimmy Hamilton, Benny Goodmann, Franck Foster, Benny Carter, Flip Philips, Franck Wess, James Moody ( qui doublait à la flute traversière), Roland “Raschan” Kirk, Kenny Hing, Pepper Addams ( baritone), Cecil Payne, Harold Ashby , Stan Getz, Harold Minerve ( saxo et flûte), Ben Webster, Léo Parker ( aucun lien de parenté avec Bird )

 

Section des trompettes : Clifford Brown, Fats Navarro, Dizzy Gillespie, Louis Armstrong, Lee Morgan, Cat Anderson, Cootie Williams, Freddy Hubbard,  Benny Bailey, Henri Red Allen, Shorty Backer, Rolph Ericsson, Clark Terry, Howard Mc Gee, Red Rodney, Kenny Dorham …suite à venir.

 

Section des trombones : Al Grey, Curtis Fuller, J.ay Jay Johnson, Kid Ory, Ray Nance… suite à venir.

 

Sans oublier Orson Welles scandant des récitatifs déments de sa voix de stentor !

 

J’écoutais abasourdi…

Mais il y avait aussi un public de connaisseurs :

Jean Cocteau, Gérard Philippe, Louis Jouvet, Sacha Guitry, Racine,Victor Hugo, André Breton, Pirandello, Fausto Coppi, Henry de Montherlant, Colette, Paul Claudel,  François Valéry, Marcel Proust, Guillaume Apollinaire, Franz Kafka, André Gide, Anton Tchekov, Montgomery Cliff, Fangio, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, DostoIevski, Goethe, Jacques Anquetil, Diderot, Jean Jacques Rousseau, Montesquieu, Blaise Pascal, La Bruyère, Rembrandt, Charlie Chaplin, Charles Vanel, Harry Baur, Salvador Dali, Marcel Cerdan, Rabelais, Botticelli, Watteau, Picasso, Raymond Souplex, Albert Camus, Georges Telemann, Gaughin, Théodore Jéricho, Boucher, Marcel Pagnol, Raimu,  Jean Renoir, Monet, Matisse , Louison Bobet, Jacques Degas, Stradivarius, Paul Meurisse, Simone Signoret, Joséphine Baker, Boris Vian, Delacroix plus une assemblée de Princesses de la Forêt, des Humains de la Montagne de Tôll, de Nambrit, de Vahlû, autres races humanoïdes, comme les Vâks, les Bûhs, les Voûks, toutes les peuplades d’Elfes de ce côté-ci d’Ailleurs avec, à leur tête, la Reine Kchîtntntnoûthnhnhnhnihihichêt d’une prodigieuse beauté, le reste à venir

 

Ce fut le plus beau concert auquel il m’ait jamais été donné d’assister…

IL est à noter que Rudolph Powell dit « Bud » aligna 8000 chorus

dans son improvisation. Paul Gonsalves prit la tête avec 8012 chorus, Charlie « Bird » Parker 8019.

 Paul

                                                                                           Gonsalves


Horowitz, ayant pris des extraits de plantes Gastkaïeths, ( sorte d’amphétamines à effet non nocif ), en offrit 8025 en s’exclamant : « Je vous ai tous eu ! Je vous ai tous eu ! »

Vladimir Horowitz

 

 

On crut la gigantesque bataille finie, lorsque Wolfgang Amadeus Mozart prit soudain d’une frénésie hallucinante, en aligna 9200 !

 

Wolfgang Amadeus Mozart


Alfred de Vigny me prit à part :

«  Mon petit, il est évident que vous avez un don. Cela, je ne le mets pas en doute, mais voyez-vous ( il hésita), il faudrait que vos textes soient… un peu plus romantiques… non pas que vous ne l’êtes pas… romantique… ais cela n’apparaît pas assez dans vos poèmes… Si l’on peut appeler ces choses des Poésies, ceci dit sans vous vexer. Vous  me comprenez ? Peut être qu’avec un peu plus de travail… hein ? Ecoutez vos maîtres , mon cher, écoutez vos maîtres, il faut toujours écouter ses maîtres… »

 

Je commençais à bouillir intérieurement, mais Luminâ, elle, avait toujours le sourire aux lèvres.

Heureusement, Léo Ferré me tira de son côté :

« Gars ! Continue dans cette voie ! Vas-y ! Fais-les bouger ! Y faut que cette putain de société change sur Terre, je l’ai assez dit ! Bon dieu, tu joues bien. Non, mais fais-les bouger… oui, fais-les bouger ! »

 

Là, je commençai à reprendre espoir. Vous vous rendez compte, Léo Ferré qui me dit ça, à moi !

Je regardais Luminâ avec un air de fierté non contenu.

 

Léonard de Vinci :

«  Vous vous égarez, Monsieur, vous vous dispersez trop. Este-vous Pianiste, flûtiste, chanteur, poète, écrivain, on finit par n’y plus rien comprendre. Et que faites-vous de la peinture, mon petit Monsieur ? Et de la sculpture ?

Ne vous intéressez-vous donc pas aux Sciences, aux inventions…
Vous voulez en faire trop. .. et en même temps, vous n’en faites pas assez. Voyez-vous, lorsque l’on entreprend quelque chose de ce genre, on se doit d’avoir de solides épaules et une culture à la hauteur. Vous êtes loin d’être un génie Monsieur ! D’ailleurs, quelle est la valeur de ce mot ? Que veut-il dire ? Pas grand-chose savez-vous… »

 

-                    « Mais, je suis d’accord avec tout cela , Monsieur, je ne me suis jamais considéré comme un génie, loin s’en faut. Non, plutôt comme un passionné et… »

-                    «  Passionné, me coupa-t-il, vous l’êtes, il est vrai. Cela je ne le nie point… Toutefois, vous vous dispersez. Vous n’avez sans doute pas la capacité de travail nécessaire. Mais j’admire et je respecte votre passion. Cependant, cette passion, vous ne la faites pas assez ressortir. Cela se travaille, la passion savez-vous ? Travaillez donc un peu votre « spirituel », vous ne vous en porterez que mieux ! Par contre, au piano, vous êtes sur le point de trouver quelque chose, oui, c’est un fait, assurément. Continuez donc dans cette voie, que diable !... Ne soyez pas si lâche du point de vue travail. Levez-vous plus tôt et couchez-vous plus tard ! Un peu de courage ! »

-                    «  Mais Monsieur, je ne dors que cinq heures par nuit et… »

-                    «  Beaucoup trop, mon bon ami, beaucoup trop ! Continuez aussi vos recherches sur les flûtes du monde. Bien, cela ! … Vous avez beaucoup de souffle et tellement d’énergie ! Ce travail sur les flûtes, j’aurais du l’entreprendre bien avant vous ! Le temps m’a manqué. Mais ce n’est pas une excuse pour moi. Non ! Ne prenez jamais le temps pour excuse, m’entendez-vous, jamais!! »

-                    «  Je vous entends, Monsieur », je vous entends ».

-                    «  Au plaisir de vous revoir Monsieur »…

 

Léonard de Vinci s’enfonça dans les bois profonds, avec un air de méditation soutenu, les mains derrière le dos. Sa démarche étant lente, et il avait l’air de se parler à lui-même tout en marchant. J’espère que ce n’était pas de moi qu’il parlait. Mais non ! Pourquoi voudrais-je toujours être au centre du monde… Non, il devait certainement penser à l’invention d’une machine incroyable, ou bien pensait-il sculpter une statue triomphante d’une des Princesses de la forêt à la beauté intersidérale, sur laquelle  il aurait jeté son dévolu.

Je ne sais pas.

 

Dans toute cette foule d’éminents personnages, j’étais complètement perdu… Je n’arrivais plus à trouver Luminâ, je l’aperçut plus loin en train de s’entretenir avec Gérard de Nerval, Du Bellay et un groupe de graciles ballerines dont je n’arrivais pas à déterminer tout à fait la race. Des lutins des forêts de Varânnh étaient assis en grande discussion près d’elle.
Je me sentis tout à coup très seul . N’étais-je pas en train de perdre complètement la raison ?

J’eus envie de me pincer très fort pour voir si je ne rêvais pas, quand :

«  Non, vous ne rêvez pas, mon cher Patrice… »

C’était Albert Einstein,

«  Vous êtes bien dans la Forêt de Zaldar, dans le royaume de Zabriska et de ses Merveilleuses Princesse de la Forêt, Muses de l’Absolu Cosmique . Et croyez bien qu’il n’y a rien de relatif la dedans. C’est d’une vérité criante, quasi mathématique.
Mon cher Patrice, il ne faut surtout pas vous décourager… Ce monde existe. Certes, vous l’avez imaginé de votre côté… Cela , je n’en disconviens pas… Ce sont vos élans artistiques, comprenez-vous. Le cerveau humain capte des choses… disons inter ou intra-dimensionnelles. Ce Monde d’Ailleurs, vous l’avez imaginé tellement fort qu’il est devenu réalité… pour Vous…

Mais il existait bien avant que vous naissiez naturellement ! Vous êtes un capteur, et vous avez ouvert une brèche dans le monde des diverses dimensions… »

 

Devant mon regard interloqué, il poursuivit :

-«  Voyez-vous cher Patrice, il y a une relation tangible entre le monde tel que l’avait intuitivement soupçonné Pythagore… »

 

Il se lança dans un discours démonstratif auquel je ne compris strictement rien ; Mais alors là, strictement rien. Lorsque je vous dis rien, c’est rien !

J’’accompagnais son exposé dithyrambique de hochements de tête entendus, comme si ce qu’il me disait était pour moi l’évidence même.
Je me forçais à afficher un sourire aimable, tandis qu’il me parlait, mais au fond de moi, je me disais que j’étais vraiment nul en physique et en mathématiques…

 Que l’on est peu de choses tout de même devant de tels génies !
La tête commençait à me tourner, et j’étais « complètement défoncé à la sauce Einstein ».
Il me prit par le bras d’une manière toute paternelle, et nous avancions lentement, comme cela, comme deux camarades.

Néanmoins, je me demandais de plus en plus sir ne je « travaillais pas du chapeau » comme on dit .

Je crus même voir, mais là c’est mon imagination j’en suis sûr, une Ford GT 40 de 1968 passer à environ 400 km/h dans la ligne droite des Hunaudières . Cette image était superposée, comme deux photos, vous savez, sur l’immense océan vert de la Forêt magique.

J’étais à jeun pourtant : aucune drogue, aucune boisson, je n’avais même pas forcé sur les anxiolytiques.

 

J’eus la force de penser :

«  Je me demande si je ne suis pas en train de faire une grave dépression, moi ! »

 

Quoiqu’il en soit, je ne comprenais strictement rien à ce que me racontait Albert Einstein.
Heureusement, Luminâ nous rejoignit :

«  Monsieur Einstein, je vous prie de me pardonner, mais je dois vous emprunter Patrice »

 

Son sourire était toujours aussi carnassier, et ses longs cheveux épais donnaient une glorieuse parure à son visage et à son corps somptueux…
Einstein sembla sous le charme et accéda à la demande.

Luminâ me tira par le bras, et m’amena  dans un lieu retiré, loin de toute cette agitation.

Elle était radieuse, et elle souriait toujours, sans doute amusée par mon grand « déphasage ».

Elle me prit la main tendrement, comme pour me rassurer et me dit :

 

«  Patrice, c’est fini. Lors de l’accord final de l’orchestre, sans doute provoqué par la prodigieuse énergie des sons, la Barrière de Cristal a explosé. Il n’y a plus de frontières entre le monde d’Ailleurs et de Lâ bâ. Les deux mondes d’Ici sont enfin réunis.

 

Patrice

( Tous droits réservés)

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