HISTOIRES DU JAZZ COURS N°1

Poèmes didactiques

sur le Jazz

 

 

Ils se présentent comme un récit et je trouve cela très sympa.

Voici ceux que vous devez absolument écouter pour prendre des cours avec moi.

 

 

LESTER YOUNG

 

 

 

 

Le petit Charlie Parker va avoir 15 ans.

Il saute en cachette le soir par la fenêtre car sa mère ne veut pas qu’il sorte ( normal non ?).

 

Lester, tu ês dans la même ville, à Kansas City.
IL se cache dans le grenier du Reno’s club où vous jouez avec le fabuleux orchestre de Count BASIE.
La scène est exiguë Lester…
Le jeune Bird a un saxophone tout raffistolé…
Il t’écoute, il connaît tes solos par cœur.
Il place les doigts sur les bonnes clés.
Là, il prend ses vrais cours ( leçons )

Les cours des champions de Kansas City.
Ton cou se casse, ton sax est tenu

De sa manière caractéristique.

Et lui ( Charlie), il phagocyte toute la musique de Lester..
Lester Young.

 

Combien de soirs es-tu resté caché

Dans ton grenier, Bird 

En écoutant le fabuleux orchestre de William « Count »Basie,

Et les grandioses envolées du légendaire Lester Young ?
Tous ces sons, tout ce « Beat »

Tout ce swing.

Masses sonores en mouvement

Quand tu auras bien ancré

Dans ta mémoire

Tout ce son de Kansas-City

Tu t’envoleras pour devenir « L’Oiseau,

 

Lester Young => Charlie « Bird » Parker

Vive la musique de Kansas-City !!

 

 

COLEMAN HAWKINS

 

 

 

 

 

 

Quel gros son…
Comment fais-tu Hawk ?

Et ces notes qui coulent à flot

Comme un grand fleuve en crue ?
Poèmes subtils de beautés mélodiques

Tu colles à l’Harmonie et du reconstruis tout.
Le « Président » Coleman Hawkins

Le premier président avant Lester ?

Peu importe…
Votre son n’est pas le même

Il est à l’opposé dit-on

En tout cas, deux écoles de « sons »

Ou du Son,
Qui a influencé plusieurs générations de ténors

Jusqu’à aujourd’hui.

 

Tes surnoms, Bean, Hawk,

Le Haricot, le Faucon.
Curieux non ?

Ce qui est extraordinaire avec toi

C’est que tu ne t’aies jamais endormi sur tes lauriers.
Tu as sans arrêt évolué…

Toi qui as tant été imité,

Toi le « Boss des Boss des ténors,

Avec Lester

Tu t’es mis à puiser

Des idées dans la « nouvelle »   musique,

Et tu gravas avec Bud Powell et Kenny Clarke,

des morceaux mémorables.

Encore « All the things you are »

Un  son énorme, et une légende

Qui se reconstruit, qui se régénére.
Chapeau Monsieur Hawkins…


Et « Body and soul »…
Le travail d’orfèvre

Dont le solo magnifique a été repris

Et « mis en paroles » par le grand Eddie Jefferson.

« Don’t you know, he was the King of saxophone, yes indeed he was…”

Bien sûr que tu étais le Roi du Saxophone.. .
Et tu l’es toujours… à jamais !

 

 

ROY ELDRIDGE

 

 

 

Et voici que se dessine ton compagnon de toujours

Roy Eldridge.

« Little Jazz », tel était ton surnom

Moi, je t’aurais surnommé « Great Jazz »

Si tu vois ce que je veux dire.
Tes suraigus au moment où l’on s’y attend le moins,

A la belle époque… Monstrueux…
Avec l’orchestre de Basie.

Où est ton fils spirituel … Diz ?

 

 

CHARLIE « BIRD » PARKER

 

 

 

L’Oiseau Grandiose…
Peut être le plus grand improvisateur de musique de tous les temps.

Avec Charlie Parker, vous atteignez les sommets ornithologiques du déferlement de notes génial et absolu.

Le « Bird » est un génie… Cela est reconnu par tout le monde. Je ne vous parlerai jamais assez de lui, ni de Bud Powell.
Charlie « Bird » Parker et Th. Bud Powell, c’est la quintessence de la musique du XXè siècle. Deux génies en un seul siècle, cela fait beaucoup. Les musiciens n’on jamais, mais alors jamais pensé à l’argent, au business, au côté commercial de la musique.

Ils jouaient, jouaient et jouaient encore.

Des flots de notes qui jamais ne tarissent. Irréalité gigantesque d’un art toujours en évolution.
Lorsque Bird et Bud jouent, à la première écoute vous n’entendez que le millième de ce qu’ils disent.

Vous entendez une note sur mille ; Vraiment. Mais au fur et à mesure, vous allez découvrir l’Ouverture Absolue. L’Ouverture sur le grand voyage intérieur.
Bien sûr qu’il y a eu Dizzy Gillespie, mais comme celui-ci a vécu plus longtemps, a connu le succès et a eu une vie beaucoup moins tragique, on aurait tendance à l’oublier…

Bird et Bud ? De purs artistes révoltés ne faisant aucune concession. Deux terribles héros et hérauts du XXè siècle et de tous les temps.
Charlie Parker et Bud Powell s’intéressaient aussi beaucoup à la poésie, à la littérature, à la musique dite classique.

Comment deux tels musiciens ont-il pu surgir ainsi, de nulle part, et écrire une des pages les plus importantes de la Musique et de l’Art en général ?

Nul ne le sait.

 

 

DIZZY GILLESPIE

 

 

 

 

CLIFFORD BROWN

 

 

 

Et la filiation continue.
Jusqu’à atteindre des sommets de beauté

Et d’émotions insoupçonnées…

La Musique à l’état pur,

Sorti d’une trompette faite à l’origine

Pour les fanfares.
Comment avez-vous fait, messieurs les musiciens de Jazz ?

Mai toi, Clifford, tu es un être à part.

Te souviens-tu de « April in Paris »

Avec Sarah Vaughan et le subtil Jimmy Jones au Piano *

 

Te souviens-tu du formidable quintet  avec

Max Roach, Richie Powell ( frère de Bud),

George Moroe (contrebassiste) et le grand Sonny Rollins

( « Valse hot », bien sûr ou « Parisian foroughfare » de Bud ), avec Freddy Edwards remplaçant Sonny Rollins).

Le voilà bien le 2ème quintet de légende, deuxième en ordre chronologique, la filiation directe du premier.

Toujours Max Roach en chef de cérémonie…
Quel délice… Quelle Pureté !

La musique ciselée… La définition de l’Esthétique.
Ce n’est plus du Jazz…
C’est de la musique tout court,

C’est de la musique Grandiose !

Et les longs solos de Max Roach…
De la Musique… des Mathématiques.

Max, ce n’est pas de la Batterie qu’il joue

C’est de la Musique Universelle.

Il raconte l’Histoire du jazz et des mathématiques.
Jamais entendu une chose pareille !

Max Roach for ever !

 

Et voici…

 

 

JON FADDIS

 

 

Jon, c’est l’élève de Diz.
Mais pour un élève, attention… prenez garde !

Lorsque j’entends Jon Faddis, j’ai l’impression que je vais exploser.

Exploser comme explosent ses notes dans le suraigu !

Il nous raconte l’histoire de Diz, il nous le restitue, Diz,

En direct, quand celui-ci devait avoir 30 ou 40 ans

( la trompette c’est très physique),

Et on comprend mieux les grosses baffes

Qu’on devait se prendre quand on entendait Diz en direct.

On ne l’imagine pas comme cela.
Alors imaginez Diz et Bird exposant les thèmes à l’unisson.
Dément non !

Mais Jon Faddis, il restitue tout cela avec sa touche personnelle.

Il ne fait pas que recopier le maître

Il a pris ses conseils,

Il reprend les clichés de Diz

Mais il profite de son propre talent et du progrès pédagogique du XXème siècle ( 2ème partie ) pour nous en mettre plein la g…

 

Enorme.
Enorme Jon Faddis.

Avec une classe incroyable en plus.

Monsieur Jon Faddis, un gentleman noir

Au prodigieux talent !

 

Bon, pour les trompettes on pourrait dire :

 

King OLIVER => Louis ARMSTRONG => Roy ELDRIDGE =>  Dizzy GILLESPIE => Clifford BROWN, ,Fats NAVARRO et Miles DAVIS => Lee Morgan => Freddy HUBBARD et Jon FADDIS +> « re »Miles DAVIS dans groupe binaire

 

 

EDDY « LOCKJAW » DAVIS

Appelé plus tard « JAWS » les dents de la mer

 

 

 

 

Celui-là, je l’ai écouté des milliers de fois en concert et en Jam-sessions dans les années 80.

Je ne sais pas comment parler de quelqu’un que l’on a relativement bien connue et qui s’en est allé…

 

Peut être, y a-t-il moins de mots écrits pour lui, mais vous avez compris que ce n’est pas aux nombres de lignes écrites qu’il faut juger ces musiciens.

 

Il est inscrit dans le Panthéon de ce site.

 

Il y a des fois où je me sens moins en forme que d’autre.
C’est un travail énorme que de faire ce genre de sites.
On ne s’en aperçoit pas toujours.

 

 

JIMMY FORREST

( que j’appelle Jimmy de la Forêt)

( Bag of dreams )

 

 

Je continuerai plus tard… Je suis fatigué*

Lorsque je m’arrête comme cela, ce peut être pour des raisons diverses…

 

Excusez-moi, je reprends où j’en étais…

 

Lorsque j’ai écouté pour la première fois Jimmy Forrest, au Festival de Nice dans les années 80, il faisait partie du Big Band de Count Basie.
Je vous jure que ça « fracassait dur » et que c’était du Basie de haut vol !

 

A un moment, le « Count » a annoncé une ballade, du nom de « Bag of dreams » et il a présenté Jimmy Forrest. Je vous avoue qu’avant je ne le connaissais pas. Et dès que Jimmy a commencé à souffler, accompagné par les « chœurs » de l’orchestre, ce fut comme si une énorme flèche me transperçait de part en part au niveau du plexus !

Un son énorme, généreux, chevaleresque, pas loin de l’Absolu. Je me suis senti comme envahi par la Grâce Divine, une sensation de Bonheur incroyable, et je me suis mis à pleurer.

 

*Pendant les cours, si je vous parais triste nerveux ou que je vous donne l’impression de faire la tête, ne m’en voulez pas, je ne suis qu’un être humain. Et par la force ces choses, je me sens terriblement impliqué lorsque je parle de cette musique et de ces gens, mais néanmoins, je me dois de faire ce travail, car je vous affirme que l’Ecoute des grands musiciens de Jazz, je parle uniquement de l’écoute, va constituer au minimum 50 % de vos progrès et de votre succès. Par delà les gammes, l’étude des modes etc…

 

Néanmoins, lors de mes cours en « direct », n’hésitez pas à revenir à la charge un peu plus tard, ou formulez votre question autrement. Cela finit dans la plupart des cas par marcher ! Sympa, ces petits conseils non ?

 

Voyez-vous, l’entreprise de ces cours sur le Net demande un travail et une énergie que je e soupçonnais pas…
Ces gens m’ont tant apporté, qu’il m’est parfois difficile de rester trop scolaire.
D’autant plus que j’ai bien connu certains de ces gens.  

 

 

JIMMY SMITH

 

 

 

 

Vous ne croyez pas que je vais toujours suivre un ordre chronologique.

Je suis musicien, donc je fais ça au feeling.
Voici l’incroyable Monsieur Jimmy Smith

The incredible Jimmy Smith

Sous ce nom, vous trouverez un nombre inconcevable de disques.
Mais choisissez les bons ( demandez-moi en cours, par exemple)

Jimmy a pris des cours avec Bud Powell…
Vous comprenez  ce que je veux dire ?

Sans commentaire…

Mais Jimmy, il est très funky et très bluesy en plus.
Il ne veut pas que lui arrive ce qui est arrivé à Bud.
Alors, il sermonne Jimmy ( Disque The Sermon),

Souvent avec Art Blakey à la batterie,

Qui ponctue chaque phrase de son serment.

Jimmy Smith, il est fier d’être Noir,

Il n’a pas honte de crier des « yeah » ! monstrueux quand il joue et il lui arrive même de chanter d’une voix très rauque…

Mais que ce soit dans les tempi rapides ou dans les ballades,

Ce qu’il raconte sur son orgue Hammond est ABSOLUMENT DEMENT.

A écouter impérativement !

 

Thank you, Mr Jimmy SMITH !!!

 

 

… Non, là c’est la grosse blague! Je n’ai pas pu résister de placer cette photo où je joue de l’orgue avec Mickaël Silva à la batterie.
Mais j’ai une grosse culture vous savez. Je suis comme une sorte « d’Obélix » du jazz, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit.

Voyez-vous, comme vous l’avez compris, je veux vous faire partager ma passion de la musique et du jazz en particulier.

Je vous dis les choses en vrac, telles qu’elles viennent à ma mémoire et à ma sensation…

J’ai connu beaucoup de ces musiciens, j’ai joué avec certains d’entre eux, je suis musicien et Pianiste moi-même.

J’attire l’attention sur ce fait : je suis Pianiste... donc un artiste vivant qui enseigne. IL y a des enseignants qui ne sont pas des artistes, cela ne veut pas dire qu’ils enseignent mal, ils enseignent différemment c’est tout.

Je crois pouvoir dire que mon amour immodéré pour le jazz m’a fait acquérir une énorme expérience à ce sujet( sans vanité excessive, je vous prie de le croire.)

 

 

JOHN COLTRANE

 

 

 

Je n’ai rien à dire sur John Coltrane…

Du moins, pas d’analyse sur sa musique.
D’autres l’ont fait avant moi…

 

Mais si vous m’écoutez au Piano, vous allez tout de suite me dire : « Mais tu as énormément été influencé par Coltrane et Mac Coy Tyner, plus que par Bud Powell dont tu parles tant… »

Et vous auriez raison aux premières écoutes… du moins dans la forme des phrases employées.

Mais je vous ai déjà dit que, sans filiation, une culture musicale n’est rien.

Et ici, voici le plus fragrant des exemples …

J’ai une anecdote intéressante sur « Trane » : « son idole était Charlie Parker » ( comme c’est curieux) et Johnny Hodges.

Et au départ, il jouait de l’alto, le même instrument que Bird.
Il fut engagé dans l’orchestre de Dizzy Gillespie qui avait besoin d’un ténor
* . Voilà comment Trane a adopté le Ténor…

  • Ce fut, en fait Eddy « Cleanhead » Vinson qui, le 1er, exigea qu’il joue du ténor dans son orchestre.

 

Voyez-vous, les gens en général, et certains musiciens, ne jurent que par Trane, d’après ils font, d’après moi, semblant de le ressentir à fond. Et ils veulent par là-même jouer exactement les mêmes thèmes et dans le même esprit que le quartet magique des années 60 : Coltrane - Mac Coy Tyner – Jimmy Garrison – Elvin Jones…
Mais voyez-vous tout cela est du snobisme.

Car Trane, comme Bird, Bud ou les autres, c’est la Perpétuelle remise en questions de soi et de la musique, c’est l’élargissement, la découverte.
C’est lui qui m’a amené progressivement vers les autres musiques du monde, parce que Trane n’avait pas de frontières.

 

Laissez-moi vous citer un extrait de l’oeuvre de James Lincoln Collier dans « l’aventure du jazz » tome 2 –du swing à nos jours aux Editions  Albin Michel :

« … Le disque comporte un texte de pochette dans lequel Coltrane, lui-même, fait le récit de sa conversion, ainsi qu’un très beau poème intitulé : « A Love Supreme » dans lequel l’artiste rend grâces à Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés.

A love Supreme constitue donc, une offrande à Dieu, en remerciement de la conversion de l’artiste, conversion qui lui a permis de se débarrasser de son asservissement à l’alcool et à l’héroïne.

Ainsi Coltrane, au-delà même du public de Jazz, atteignit le grand public.
Ceci constitue une prouesse que très peu d’artistes de jazz ont été à même de réaliser : on ne peut citer à ce sujet, que Louis Armstrong, Thomas « Fats »Waller, Duke Ellington, Count Basie, Benny Goodman et peut être cinq ou six autres…

[…]      Mais il reste la musique de John Coltrane, et ce dont nous sommes sûrs c’est que ce musicien fut, avec Charlie Parker, Louis Armstrong et quelques autres , un des artistes qui ont eu la plus profonde influence sur la formation du jazz ».

 

… pour quelqu’un qui n’avait rien à dire sur Coltrane..

 

 

 

La suite au prochain numéro

I’m tired…

  

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site