HISTOIRE DU JAZZ : LES PIONNIERS

 

 

Les Pionniers

 

((Ce chapitre est en cours de rédaction)) 

Introduction

 

 

Le Jazz est né du blues rural, que l’on jouait dans le delta di Mississippi ou dans les clubs de Memphis, du ragtime de Scott Joplin et d’Eubie Blake et de divers autres courants.

Il a annoncé sa formidable entreprise de séduction auprès du public américain dès les années dix. A La Nouvelle Orléans, bien sûr, et plus particulièrement dans ses bordels et ses barrelhouses où, après Buddy Bolden, Freddie Keppard et Bunk Johnson, Kid Ory, King Oliver, Jonnhy Dodds ont écrit les chapitres mythiques d’une saga qui, aujourd’hui encore, est loin d’être terminée.

Mais aussi à New York, où se trouvaient Fats Waller, Henry Red Allen, Joe Venuti, Eddie Lang.

Mais encore à Kansas City, où les pianistes, qui avaient tout compris du boogie woge de Jimmy Yancey et de Pinetop Smith, aimaient à « jammer » avec les gloires locales du Jazz, telles Count Basie et Lester Young.

Mais, enfin à Chicago, où Earl Hines, à qui l’on doit le célèbre « trumpet-piano style », devait enregistrer, notamment aux côtés de Louis Armstrong, quelques-uns des hymnes éternels de la musique Jazz.

 

A tous ces noms qui ont marqué d’une empreinte indélébile la musique la plus étonnante de ce XXè siècle, il faut en rajouter un autre : celui d’un esthète d’origine allemande. Il s’appelle Bix Beiderbecke. Il fut certainement le plus grand cornettiste du genre. IL est mort à l’âge de vingt huit ans, victime d’un amour trop passionnel pour la musique, l’alcool et la vie hollywoodienne qui plaisait tant à Scott Fitzgerald. Ce sont ces musiciens qui ont inventé le Jazz.

C’est toujours à eux qu’il faut revenir pour comprendre puis apprécier une musique qui, bien qu’en perpétuelle évolution, ne perdra jamais contact avec ses origines…

 

 

JELLY ROLL MORTON

De son vrai nom : Ferdinand Joseph la Menthe 1890-1941

 

 

En 1937, Robert Ripley, qui animait l’une des émissions les plus populaires de la radio ( Believe it or not), avait présenté W.C. Handy, comme le véritable inventeur du Jazz et du blues. Une telle affirmation était ni plus ni moins apparue à Jelly Roll Morton comme un crime de lèse-majesté, lequel avait édité des cartes de visite où il était écrit qu’il était « l’originator of jazz, stomp and swing ». Il avait aussitôt rédigé un article vengeur dans les colonnes de « Down beat » par lequel il présentait W.C. Handy comme un imposteur – un imposteur parce que Morton était persuadé qu’il était le seul à être à l’origine du Jazz, une invention qu’il faisait précisément remonter à 1901.

 

Cette anecdote n’aurait à vrai dire pas grand intérêt si elle ne nous révélait pas une facette de la personnalité de Morton, sa mégalomanie. Jelly Roll Morton n’a jamais été une personne modeste. Se définir comme le créateur du jazz, comme le « compositeur le plus hot du monde » ne pouvait donc entraîner que de vives protestations de la part de ses collègues, qui ne verraient dès lors en lui qu’un très bon joueur de billard et un artiste pour qui la musique était une façade qui lui permettait de se livrer à diverses activités clandestines. Duke Ellington, par exemple, devait déclarer : «  Bien sûr, Jelly Roll Morton a du talent… du talent pour parler de Jelly Roll Morton » Quant à Dick Hyman, il allait purement et simplement refuser d’enregistrer des œuvres de Morton après qu’il eut graver celles de Scott Joplin, le roi du ragtime.

En 1950, enfin, cependant que critiques et musiciens s’affrontaient sur le devenir du jazz – les uns défendant le Jazz Nouvelle Orléans, les autres la musique issue de l’esthétique parkérienne -, Charlie Shavers, Coleman Hawkins, Harry Carney, Chubby Jackson et Teddy Wilson se retrouvaient en studio pour montrer qu’il n’était décemment plus possible de jouer comme l’avait fait Jelly Roll Morton.

Que penser d’une telle cabale ? Il est incontestable que Jelly Roll Morton a bel et bien été un aventurier. Il ne s’en est jamais caché et un certain nombre d’activités qu’il a exercées le prouvent : vendeur de patentes médicales falsifiées, parieur sur tout ce qui pouvait faire l’objet d’un pari, voire quelque peu proxénète sur les bords ! Dans ce contexte, il est à l’évidence difficile de reconnaître le visage d’un artiste, de trouver en lui l’esprit professionnel.

Mais, qu’on le veuille ou non, il fut un génie, un esthète et l’un des plus grands compositeurs du jazz dit « traditionnel ». Il est également un musicien d’avant-garde car il a su structurer à sa manière la musique qui se jouait dans les beuglants de la Nouvelle-Orléans.

Enfin, à la différence de certaines figures mythiques de Louisiane comme King Oliver, Sidney Bechet et Louis Armstrong, il n’a jamais été homme de spectacle, en d’autres termes un entertainer pour le seul plaisir de l’être. Une telle démarche n’a d’ailleurs fait qu’accentuer sa solitude, sa marginalité.  Et c’est sans doute la raison pour laquelle il a souvent voulu attirer l’attention sur lui.

 

Ainsi faut-il donc voir en Jelly Roll Morton, à la fois un maître à la dérive et un poète du jazz .

 

 

KING OLIVER

1885-1938

 

 

JOHNNY DODDS

1892-1940

 

 

KID ORY

1886-1973

 

SIDNEY BECHET

1897 ?-1959

 

 

FATS WALLER

Thomas Wright Waller

1904-1943

 

 

 

 

 

 

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