COURS N° 3 AU FIL DES IMAGES

 

 

 

Sans transition et puisque je viens de trouver une magnifique photo de ce quintet, je vais vous parler de ce merveilleux groupe qui constitua, à mon sens, les premiers « jazz messengers ».

 

Laissez-moi vous parler de Lou DONALDSON

On peut considérer Lou Donaldson comme ce que les musicologues appellent un saxophoniste post-parkérien. En fait, moi je dirais que Lou Donaldson est un très grand saxophoniste.

Bien sûr qu’il a été extrêmement influencé par Bird mais qui ne l’a pas été et qui ne l’est pas encore …

Lou Donaldson articule, il prodigue son message avec sérénité, puissance et feeling.

Il a joué, entre autre, avec Jimmy Smith, et ses soli sont toujours très logiques mais pleins de feeling et en plus, bluesy et funky ; tel est Lou Donaldson.

A écouter sans modération.

 

Il y a aussi Horace SILVER.
Voici un pianiste et un compositeur hors du commun qui a su développer un style bien à lui.

A l’époque où a été prise cette photo, il y a deux disques que vous pouvez écouter avec des morceaux sur tempi rapides ou des ballades.

Une de ces compositions ( entre autres) s’appelle Quick Silver ( Vif argent )

En l’écoutant, vous aurez la possibilité d’apprécier les capacités démentes de ce compositeur pianiste.

Oui, Horace Silver, c’est vraiment du vif argent se découpant dans le bleu de la nuit, rejoignant les étoiles telles que Brownie pour faire partie de ce groupe d’artistes légendaires.

Think You Mister Horace Silver.

Art BLAKEY, je vous en ai déjà parlé.

Puissance, résonance, message des tambours de l’Afrique mélangés à la subtilité du Jazz dit Be Bop.

IL délivre son message , il frappe sur tous les toms, c’est peut être le plus sauvage de la trilogie pré-citée ( Kenny Clarke, Max Roach, Art Blakey).

Blakey a toujours été un découvreur de talents. Il fut aussi Pianiste avant de se mettre à la batterie.

A ce propos, j’ai une anecdote à ce sujet , anecdote qu’il se plaisait à raconter lui-même :

« J’ai commencé à jouer du piano dans les clubs. Un soir, un gars qui faisait partie de la mafia est venu me dire : tu joues très mal, arrête, si je t’entends continuer à jouer du piano, je te descends… A partir de ce moment, j’ai changé d’instrument, je me suis mis à la batterie… » Véridique ! Vous voyez comme les choses de la vie peuvent être virevoltantes. Lorsque l’on aime une musique et les gens qui la jouent, on a envie de connaître leur vie, on a envie de partager ce qu’ils ont vécu.

Aart Blakey est un gigantesque batteur de Jazz à mettre au Panthéon des drummers.

 

Clifford Brown et Sonny Rollins

 

Clifford BROWN, je vous en ai déjà parlé plus haut.

Que dire ? C’est le Musicien avec un grand « M ».

C’est la trompette qui n’a plus de frontières entre les genres.

Brownie, en partant des idées de Dizzy qu’il vénérait, a bâti (avec Fats Navarro) de sublimes architectures sonores. C’est un tailleur de Haute Couture… un linguiste hors pair… un poète de la trompette… de couleur noire mais qui aurait pu être blanc, jaune, bleu-vert, ou rouge à pois bleus…

Clifford, c’est la trompette hissée au plus haut sommet de notre planète et peut être d’Ailleurs. A son sujet, on ne peut plus parler de technique de trompette jazz ou de trompette classique, on parle de « langage brownien » … proche de l’Esthétique absolue !

Si vous ne l’écoutez pas, je me pends…( humour, mais tout juste !)

 

Si vous écoutez le « Donna Lee » de Charlie Parker qui est dans ce disque, en dernière position je crois (  je vous expliquerai pourquoi Bird l’a appelé Donna Lee plus tard) , vous entendrez cette démente exposition de thème extrêmement ardue à jouer et les monstrueuses improvisations qui s’en suivent, martelées par les grognements permanents du batteur dont j’ai oublié le nom mais qui était je crois le patron du club dans lequel ils jouaient ce soir-là. Morceau dément, musiciens gigantesques !

A la fin de ce morceau, vous entendrez Clifford remercier le public, saluer, vous l’entendrez rire aussi, c’est une des rares fois où l’ion entend la voix de Clifford Brown sur un disque.

Il vient ici de faire une Jam session. Juste après cela, il prend la route avec le pianiste Ritchie Powell ( frère de Bud ) qui joue aussi dans ce disque, pour rejoindre Max et le reste du quintet. Max Roach ne le reverra jamais… Il se tue avec Richie Powell et Georges Moroe dans un accident de voiture.

Adieu Brownie,  Ritchie, et Georges…

Il avait 26 ans…

Adieu… Mais en route pour Ailleurs…

Richie Powell, frère de Bud, bientôt tu sera rejoint pas ton frère et tous les deux, avec vos amis, vous irez jouer votre musique sur une autre planète dans une autre galaxie ou tout simplement sur la planète d’Ailleurs et les princesses puissances de la Forêt vous écouteront et vous comprendront.

C’était en 1956, j’ai oublié le jour et le mois, pardonnez-moi.

 

 

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